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LES NIOUZES

Article du2004-12-12

Attention Criquets!

La Mauritanie a été envahie par les criquets, qui ont bel et bien dévasté les pâturages mais pour l'instant nos chèvres trouvent encore quelques pâturages où brouter tranquillement. Notre partenaire sur place, Magali Guyaut de l' APLT (association des producteurs laitiers transhumants), nous a confirmé que la période de soudure ( c'est-à-dire la période qui précède la saison des pluies dans le Sahel où les réserves d’aliments sont au lus bas)  s'annonce plus difficile que prévu.
Cependant l' APLT en partenariat avec Vétérinaires sans frontières Belgique, a réagi rapidement face à la situation en renforçant son fonds d'aliments pour bétail.

Cette actualité brûlante explique le retard que nous avons pris pour vous attribuer les chèvres, Magali étant très occupée, mais la situation va se débloquer rapidement.

Quant aux remboursements, sachez que pour l'instant ils n'essuient aucun retard !

A bientôt pour de nouvelles niouzes !

Anne Braun, mauritanie@zebunet.org

Si vous souhaitez plus de détails sur ce problème qui suscite très peu d'intérêt dans nos pays, voici un extrait d’un entretien avec Hilde Niggemann de la FAO


Lutte anti-acridienne en Afrique

jeudi 9 septembre 2004, par Falila Gbadamassi

Question : Qu’en est-il du traitement appliqué pour venir à bout des criquets ?

Hilde Niggemann : Le traitement des criquets coûte cher. Les pesticides sont appliqués par des aéronefs. Une heure de pulvérisation par un avion agricole coûte 1 000 dollars. Un avion pulvérise au moins 4 heures par jour. Et ce lorsque les criquets sont au sol, souvent le matin, parce qu’ils attendent de se réchauffer. Il faut beaucoup d’heures pour traiter efficacement une zone délimitée. On utilise aussi des moyens terrestres notamment des voitures équipées de pulvérisateurs. Un pulvérisateur coûte 8 000 dollars. Les frais généraux sont également à prendre en compte. La FAO envoie, entres autres, des experts - acridologues et logisticiens, des consultants pour aider les gouvernements. Bien évidemment, les pays ont leurs propres moyens mais ces derniers demeurent insuffisants. La FAO apporte des heures de vols, assure l’approvisionnement en carburant... Les actions sont menées, dans chaque pays, par des équipes locales et en étroite collaboration avec le responsable de la protection des végétaux.


Question : Quelle est la contribution propre de la FAO dans la lutte anti-acridienne ?

Hilde Niggemann : La FAO a mis à la disposition des pays concernés 5 millions de dollars. Ce sont des fonds que nous pouvons débloquer nous-mêmes. Ces fonds sont mis à disposition, au fur et à mesure et à la demande des pays concernés. L’Algérie et le Maroc comptent parmi les premiers à avoir sollicité la FAO dans ce sens. Les pays sahéliens ont également fait appel à ce fonds pour faire face à la menace acridienne.


Question : Comment qualifierez-vous aujourd’hui la situation acridienne ? Est-elle catastrophique ?
 
Hilde Niggemann : La situation est grave mais pas catastrophique. Il faut mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour que les criquets ne s’attaquent pas aux cultures afin d’assurer la sécurité alimentaire (éviter tout risque de famine, ndlr).

 

ZEBUNET, Péniche India Tango, Port des Champs Elysées, 75008, Paris