|
Si vous souhaitez plus de détails sur ce problème qui suscite très peu d'intérêt dans
nos pays, voici un extrait d’un entretien avec Hilde Niggemann de
la FAO
Lutte anti-acridienne en Afrique
jeudi 9 septembre 2004, par Falila Gbadamassi
Question : Qu’en est-il du traitement appliqué pour venir à bout des criquets
?
Hilde Niggemann : Le traitement des criquets coûte cher. Les pesticides
sont appliqués par des aéronefs. Une heure de pulvérisation par un avion agricole
coûte 1 000 dollars. Un avion pulvérise au moins 4 heures par jour. Et ce lorsque
les criquets sont au sol, souvent le matin, parce qu’ils attendent de se réchauffer.
Il faut beaucoup d’heures pour traiter efficacement une zone délimitée. On utilise
aussi des moyens terrestres notamment des voitures équipées de pulvérisateurs. Un
pulvérisateur coûte 8 000 dollars. Les frais généraux sont également à prendre en
compte. La FAO envoie, entres autres, des experts - acridologues et logisticiens,
des consultants pour aider les gouvernements. Bien évidemment, les pays ont leurs
propres moyens mais ces derniers demeurent insuffisants. La FAO apporte des heures
de vols, assure l’approvisionnement en carburant... Les actions sont menées, dans
chaque pays, par des équipes locales et en étroite collaboration avec le responsable
de la protection des végétaux.
Question : Quelle est la contribution propre de la FAO dans la lutte anti-acridienne
?
Hilde Niggemann : La FAO a mis à la disposition des pays concernés
5 millions de dollars. Ce sont des fonds que nous pouvons débloquer nous-mêmes. Ces
fonds sont mis à disposition, au fur et à mesure et à la demande des pays concernés.
L’Algérie et le Maroc comptent parmi les premiers à avoir sollicité la FAO dans ce
sens. Les pays sahéliens ont également fait appel à ce fonds pour faire face à la
menace acridienne.
Question : Comment qualifierez-vous aujourd’hui la situation acridienne ?
Est-elle catastrophique ?
Hilde Niggemann : La situation est grave mais pas catastrophique.
Il faut mettre en œuvre tous les moyens nécessaires pour que les criquets ne s’attaquent
pas aux cultures afin d’assurer la sécurité alimentaire (éviter tout risque de famine,
ndlr).
|