De retour du Niger : premières impressions
(journal
de voyage au Niger du 18 juin au 3 juillet 2005
de Patrice Pasturel *)
Il y a du boulot pour
ZEBUNET au Niger
C’est fatigué et passablement éprouvé par ce que
j’ai vu lors de mon voyage que je rentre ce matin du Niger.
Je vous confirme qu’il y du grain à moudre pour Zebunet dans cette région du monde, même
si l’expression s’applique mal à un pays qui est au bord de la famine, comme
cela est relaté dans les médias actuellement.
Mon voyage était organisé en trois étapes :
Au nord c’était les
Touareg !
Au nord, dans la vallée
de Tidene, zone sahélienne, j’ai fait la rencontre de
Christel Pernet travaillant pour
l’association Les ailes du désert. Cette
association travaille elle-même en collaboration avec une autre association Tidene animée par Mohamed Ixa, un Touareg entreprenant
Après discussion avec les éleveurs nomades Touareg,
nous avons élaboré un projet pilote pour deux groupes
de dix familles. Chaque famille bénéficiera d’un prêt pour l’achat de quatre
chèvres
Réunion avec les familles
de Tidene
d’un montant de 35 euros
chacune. La durée du prêt est de deux ans, le taux d’intérêt de 12% dont une
partie servira à couvrir la gestion du prêt et l’encadrement technique du
projet.
Situation critique au
centre du pays à Dakoro.
Au Centre du pays à Dakoro,
j’ai rencontré une association d'éleveurs qui travaille avec l’aide de l’ONG
belge Vétérinaires sans frontières
(www.vsf-belgium.org), représentée par le dynamique et aventurier Stéphane Pil.
La situation est dans cette région des plus
dramatique. Faute de pouvoir nourrir les bêtes, les nomades sont bloqués dans
leur remontée vers le nord les animaux étant trop faibles pour avancer. Les
bêtes meurent sur le bord des routes, ou sont vendues pour une bouchée de
pain à des équipes de bouchers ambulants qui les dépècent sur place et boucanent
la viande pour la vendre au prix fort au Nigeria. J'ai assisté avec Stéphane Pil à une réunion de crise à
la préfecture.

Lors de la réunion que nous avons eu avec le
groupement d'éleveurs, nous avons décidé de préparer un projet pour deux groupes
Réunion avec les
Groupement d’éleveurs de Dakoro
de dix ou quinze femmes.
Sur la base de quatre chèvres par femme, le projet devrait permettre aux
familles qui ont tout perdu de reconstituer un cheptel de manière moins risquée
qu'avec des vaches. Les éleveurs souhaitaient initialement racheter des vaches,
mais l’alimentation des animaux pendant la période précédant la saison des
pluies restant problématique, il n’était pas viable de financer l’achat,
d’animaux qui avaient de grandes chances de mourir l’année d’après. Stéphane Pil doit nous transmettre une proposition
plus précise pour la mise en place de ce projet.
Prenez du mouton, vous ne
deviendrez pas chèvre !
A Niamey, j’ai rencontré les représentants de deux
associations APAD (Appui aux Projets et Actions de Développement) et AIVO (Association
Internationale pour la Veuve et l’Orphelin).
Ces deux associations nous étaient recommandées
par Gilles Vias, vétérinaire
de l' ONG locale
KARKARA la plus importante au Niger agissant dans le secteur de l'élevage et du
développement rural. Réunion avec AIVO
Cette ONG supervise la
situation agricole de tout le pays et fournit des vétérinaires et
techniciens conseils aux associations locales. Le technicien rencontré sur le
projet Tidene mais également
trois vétérinaires travaillant dans le staff de Stephane Pill à Dakoro, viennent de
Karkara
Pasteur
Soalla (AIVO), J. Dao (APAD), G.Vias, (KARKARA)
Nous avons organisé une réunion commune avec
APAD et AIVO afin de développer un modèle commun d’intervention. Les deux
associations opèrent aux environs de Niamey mais sur des secteurs géographiques
différents. Le modèle est basé sur l'élevage de moutons, qui répond à une
demande importante à Niamey où la chèvre n’est pas populaire. Là encore Zebunet débute avec un projet pilote de
dix ou vingt familles, qui sera étendu au bout d’un an en cas de succès.
Encore des
rencontres intéressantes, du bon lait de Zébu en perspective.
J'ai été reçu par le maire de l'arrondissement (très
rural) de Niamey où opère AIVO et ai visité certaines de leurs réalisations (un
dispensaire et une école dans la brousse) le tout rustique mais
infiniment utile.
J'ai également rencontré Véronique Renault, vétérinaire de VSFB qui vient d'ouvrir
leur bureau de liaison à Niamey et un certain Daniel
Mathieu qui travaille sur la filière lait dans la région de
Niamey et en particulier sur le développement de la race de zébu Azawak. Nous pourrions considérer dans
le futur une coopération dans ce contexte.
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Enfin, la saison des pluies commence et
s'annonce bonne. La période optimale pour démarrer les projets s’étend
sur une période d'environ trois mois à partir de maintenant. Nous nous efforçons
donc de finaliser rapidement les études et conventions de partenariat pour que
très bientôt chèvres, brebis, moutons paissent sous le ciel d’Afrique
Le
3 juillet 2005.
Patrice Pasturel
* Patrice Pasturel est chargé de l’étude,
et de la mise en place des nouveaux projets à Zebunet.
Actuellement il est également chargé de faire l’évaluation des projets
existants avant de les étendre à un plus grand nombre de familles. Cette phase
d’évaluation sera à terme assurée par chacun des chefs de projet. Il est à
noter que Patrice comme tous les bénévoles de Zebunet
supporte entièrement ses frais de son voyage et que le billet d’avion AR vers
le Niger a été pris en charge par le service humanitaire d’Air France.