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LES NIOUZES

Article du2005-08-31

Journal de voyage au Niger du 18 juin au 3 juillet 2005

De retour du Niger : premières impressions 
(journal de voyage au Niger du 18 juin au 3 juillet 2005
de Patrice Pasturel
*)


Il y a du boulot pour ZEBUNET au Niger

C’est fatigué et passablement éprouvé par ce que j’ai vu lors de mon voyage que je rentre ce matin du Niger.

Je vous confirme qu’il y du grain à moudre pour Zebunet dans cette région du monde, même si l’expression s’applique mal à un pays qui est au bord de la famine, comme cela est relaté dans les médias actuellement.

Mon voyage était organisé en trois étapes :

Au nord c’était les Touareg !

Au nord, dans la vallée de Tidene, zone sahélienne, j’ai fait la rencontre de Christel Pernet travaillant pour l’association Les ailes du désert. Cette association travaille elle-même en collaboration avec une autre association Tidene animée par Mohamed Ixa, un Touareg entreprenant

Après discussion avec les éleveurs nomades Touareg, nous avons élaboré un projet pilote pour deux groupes de dix familles. Chaque famille bénéficiera d’un prêt pour l’achat de quatre chèvres

Réunion avec les familles de Tidene

d’un montant de 35 euros chacune. La durée du prêt est de deux ans, le taux d’intérêt de 12% dont une partie servira à couvrir la gestion du prêt et l’encadrement technique du projet.

Situation critique au centre du pays à Dakoro.

Au Centre du pays à Dakoro, j’ai rencontré une association d'éleveurs qui travaille avec l’aide de l’ONG belge Vétérinaires sans frontières (www.vsf-belgium.org), représentée par le dynamique et aventurier Stéphane Pil.

La situation est dans cette région des plus dramatique. Faute de pouvoir nourrir les bêtes, les nomades sont bloqués dans leur remontée vers le nord les animaux étant trop faibles pour avancer. Les bêtes meurent sur le bord des routes, ou sont vendues  pour une bouchée de pain à des équipes de bouchers ambulants qui les dépècent sur place et boucanent la viande pour la vendre au prix fort au Nigeria. J'ai assisté avec  Stéphane Pil à une réunion de crise à la préfecture.

Lors de la réunion que nous avons eu avec le groupement d'éleveurs, nous avons décidé de préparer un projet pour deux groupes

Réunion avec les Groupement d’éleveurs de Dakoro

de dix ou quinze femmes. Sur la base de quatre chèvres par femme, le projet devrait permettre aux familles qui ont tout perdu de reconstituer un cheptel de manière moins risquée qu'avec des vaches. Les éleveurs souhaitaient initialement racheter des vaches, mais l’alimentation des animaux pendant la période précédant la saison des pluies restant problématique, il n’était pas viable de financer l’achat, d’animaux qui avaient de grandes chances de mourir l’année d’après. Stéphane Pil doit nous transmettre une proposition plus précise pour la mise en place de ce projet.

Prenez du mouton, vous ne deviendrez pas chèvre !

A Niamey, j’ai rencontré les représentants de deux associations APAD (Appui aux Projets et Actions de Développement) et AIVO (Association Internationale pour la Veuve et l’Orphelin).

Ces deux associations nous étaient recommandées par Gilles Vias, vétérinaire de l' ONG locale  KARKARA la plus importante au Niger agissant dans le secteur de l'élevage et du développement rural.                                            Réunion avec AIVO

Cette ONG supervise la situation agricole de tout le pays  et fournit des vétérinaires et techniciens conseils aux associations locales. Le technicien rencontré sur le projet Tidene mais également trois vétérinaires travaillant dans le staff de Stephane Pill à Dakoro, viennent de Karkara

Pasteur Soalla (AIVO), J. Dao (APAD), G.Vias, (KARKARA)

Nous avons organisé une réunion commune avec APAD et AIVO afin de développer un modèle commun d’intervention. Les deux associations opèrent aux environs de Niamey mais sur des secteurs géographiques différents. Le modèle est basé sur l'élevage de moutons, qui répond à une demande importante à Niamey où la chèvre n’est pas populaire. Là encore Zebunet débute avec un projet pilote de dix ou vingt familles, qui sera étendu au bout d’un an en cas de succès.

Encore des rencontres intéressantes, du bon lait de Zébu en perspective.

J'ai été reçu par le maire de l'arrondissement (très rural) de Niamey où opère AIVO et ai visité certaines de leurs réalisations (un dispensaire et une  école dans la brousse) le tout rustique mais infiniment utile.

J'ai également rencontré Véronique Renault, vétérinaire de VSFB qui vient d'ouvrir leur bureau de liaison à Niamey et un certain Daniel Mathieu  qui travaille sur la filière  lait dans la région de Niamey et en particulier sur le développement de la race de zébu Azawak. Nous pourrions considérer dans le futur une coopération dans ce contexte.

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Enfin, la saison des pluies  commence et s'annonce  bonne. La période optimale pour démarrer les projets s’étend sur une période d'environ trois mois à partir de maintenant. Nous nous efforçons donc de finaliser rapidement les études et conventions de partenariat pour que très bientôt chèvres, brebis, moutons paissent sous le ciel d’Afrique

Le 3 juillet 2005.

Patrice Pasturel

* Patrice Pasturel est chargé de l’étude, et de la mise en place des nouveaux projets à Zebunet. Actuellement il est également chargé de faire l’évaluation des projets existants avant de les étendre à un plus grand nombre de familles. Cette phase d’évaluation sera à terme assurée par chacun des chefs de projet. Il est à noter que Patrice comme tous les bénévoles de Zebunet supporte entièrement ses frais de son voyage et que le billet d’avion AR vers le Niger a été pris en charge par le service humanitaire d’Air France.

 

ZEBUNET, Péniche India Tango, Port des Champs Elysées, 75008, Paris